Une app de localisation qui marche encore quand le réseau, lui, ne marche plus
Dans l’article précédent, nous avons expliqué le serveur aveugle : vos données sont scellées et calculées sur votre propre appareil, pas dans notre base. Ce choix a un effet de bord bien pratique qui n’a rien à voir avec la confidentialité, il découle simplement de la conception. Fenzly continue de fonctionner quand votre réseau, lui, ne fonctionne plus.
La plupart des applications de localisation font l’inverse. Elles ne sont, au fond, qu’une fenêtre ouverte sur les serveurs de l’entreprise : coupez le signal et la carte vire au gris, vos lieux disparaissent, l’écran tourne dans le vide. L’application n’est vivante que tant que votre connexion l’est.
Le test du tunnel
Imaginez le métro, un sentier de montagne, un parking souterrain, un avion, une zone blanche à la campagne. Votre téléphone n’a plus de signal. Avec une application classique, la session s’arrête là.
Avec Fenzly, presque tout continue de répondre, parce que presque tout vit déjà sur votre téléphone. Les données ne sont pas quelque part au loin, à aller chercher, elles sont là, dans une petite base de données qui n’appartient qu’à vous.
Ce qui fonctionne encore sans signal
Beaucoup de choses. Vous pouvez ouvrir l’application et relire vos messages passés et votre historique de position. Vous pouvez parcourir vos lieux enregistrés et vous déplacer sur la carte (les tuiles déjà chargées sont mises en cache). Vous pouvez démarrer l’enregistrement d’un trajet et voir votre vitesse, votre distance et votre cap se mettre à jour en direct, car ce n’est que le GPS de votre téléphone qui parle à votre téléphone.
Et voici celle qui surprend : le géofencing marche encore hors ligne. Quand vous entrez ou sortez d’un lieu, maison, bureau, école, la détection se fait entièrement sur l’appareil. Votre téléphone remarque le franchissement sans l’aide d’aucun serveur. L’événement est enregistré immédiatement ; il attend simplement d’être partagé.
Différé, pas perdu
Que deviennent alors les choses qui doivent atteindre une autre personne, un message, le tracé de votre itinéraire ? Elles ne sont pas jetées. Elles entrent dans une file d’attente sur votre téléphone, qui les conserve en sécurité jusqu’au retour de la connexion, puis les envoie dans l’ordre, automatiquement.
Vous le remarquez à peine. Un message envoyé hors ligne apparaît tout de suite dans la conversation avec une petite horloge, qui signifie « en attente d’envoi ». Dès que vous êtes de nouveau en ligne, la file se vide et l’horloge devient une marque d’envoi. Idem pour les points de passage d’un itinéraire que vous partagez sous forme de tracé : chacun est conservé et livré au retour du réseau.
Ce qui, vraiment, ne peut pas marcher hors ligne
L’honnêteté, comme toujours. Une chose ne peut réellement pas se faire sans connexion : montrer votre position en direct à quelqu’un de distant, en temps réel. Ce n’est pas une limite de conception qu’on pourrait contourner, c’est de la physique. Un proche à l’autre bout de la ville ne peut pas recevoir votre position à travers un réseau qui n’existe pas.
Il y a ici un détail délibéré. Quand vous partagez votre position en direct et que le réseau tombe, Fenzly ne met pas ces mises à jour en file. Une position vieille de trente secondes n’a aucune valeur, le temps qu’elle parte, une plus récente existe déjà. Les mises à jour en direct sont donc abandonnées plutôt qu’empilées, tandis qu’un itinéraire que vous enregistrez en historique conserve chaque point, car là, un trou dans le tracé manquerait vraiment.
Pourquoi c’est conçu ainsi
On revient à la décision derrière le serveur aveugle. Comme vos données doivent de toute façon vivre sur votre appareil, pour qu’on ne puisse pas les lire, l’application est construite pour tourner d’abord depuis l’appareil et traiter le réseau comme un bonus, pas comme une bouée de sauvetage. L’architecture qui protège votre vie privée est exactement celle qui vous libère des barres de signal.
Une application de localisation qu’on ne peut pas utiliser dans un tunnel n’est pas un bien grand outil de sécurité. Nous préférons en construire une qui est encore là au moment où vous en avez le plus besoin.
La prochaine fois, nous nous attaquerons à une question qu’on nous pose souvent : à quel point le chiffrement Signal est-il difficile à casser ? La réponse honnête fait intervenir de très grands nombres.